Avis aux amateurs de triathlon
Vu dans la presse Canadienne :
Avis aux amateurs de triathlon: ce sport, combinant natation, cyclisme et course à pied, présente au moins deux fois plus de risques de mort subite que le marathon, selon les conclusions de la première étude sur cette exigeante discipline présentées ce week-end lors d’un congrès de cardiologie à Orlando.
Les risques sont essentiellement liés à des problèmes cardiaques durant l’épreuve de natation qui lance la compétition. Et si le risque est bas -environ 15 sur un million de participants-il n’est « pas insignifiant », souligne le Dr Kevin Harris, de l’Institut de cardiologie de Minneapolis, qui a mené l’étude.
Les triathlons ont gagné ces dernières années en popularité, particulièrement en tant qu’événements caritatifs permettant de lever des fonds. Ils attirent de nombreuses personnes qui ne sont pas habituées à une pratique sportive aussi soutenue. Chaque année, pour n’évoquer que les Etats-Unis, plusieurs centaines de milliers d’Américains s’essaient à l’une de ces compétitions.
Comme l’observe le Dr Harris, certains s’engagent sans passer d’examens médicaux préalables permettant d’exclure tout problème cardiaque. Mais faire des longueurs dans une piscine est très différent que nager en eau libre, dans un lac ou une rivière.
L’étude, dont les résultats ont été présentés samedi par le cardiologue, a été parrainée par la fondation de l’Institut de Minneapolis. Les chercheurs se sont penchés sur les dossiers concernant 922.810 sportifs engagés dans 2.846 triathlons inscrits au calendrier des compétitions aux Etats-Unis entre janvier 2006 et septembre 2008.
Sur les 14 décès identifiés, 13 se sont produits pendant l’épreuve de natation, le dernier étant survenu dans un accident de vélo. Pour six des victimes, les autopsies ont révélé que quatre d’entre elles souffraient de problèmes cardiaques. Les deux autres avaient un coeur apparemment normal, mais elles pourraient avoir souffert d’une arythmie fatale, selon le Dr Harris.
Des recherches sur Internet et sur le registre de Minneapolis ont permis de découvrir quatre autres décès liés à la pratique du triathlon entre 2006 et 2008 aux Etats-Unis, en plus de ceux survenus dans des compétitions ayant un cadre officiel.
Les décès liés à la pratique du marathon ont fait les grands titres aux Etats-Unis en novembre 2007 lorsque Ryan Shay, 28 ans, est mort alors qu’il participait à New York aux sélections masculines pour l’épreuve olympique de marathon. Selon les statistiques, entre quatre et huit décès pour un million d’adeptes de cette course à pied de grand fond (42,195km) sont recensés.
La nouvelle étude dévoilée ce week-end à Orlando révèle un taux bien plus élevé chez les triathlètes -15 sur un million, la plupart des décès étant survenus pendant la natation.
« Quiconque saute dans une eau glaciale sait le stress » que cela provoque pour le coeur, précise le Dr Lori Mosca, chef de cardiologie préventive au New York-Presbyterian Hospital, qui a participé à titre personnel à plus de 100 triathlons, dont le légendaire Ironman d’Hawaii.
L’eau froide contracte les vaisseaux sanguins, rendant l’activité cardiaque plus difficile et aggravant tout problème existant. Elle peut également provoquer une arythmie cardiaque. Le choc thermique étant couronné par le stress de la compétition.
Pendant l’épreuve de natation, les participants ne peuvent pas aisément faire des signes pour demander de l’aide ou ralentir pour se reposer, comme le cyclisme et la course à pied qui suivent le permettent, remarque le Dr Harris, qui a également participé à des triathlons.
Pour des triathlons aux visées caritatives, nombre de coureurs se sont engagés alors qu’ils avaient une pratique insuffisante de la natation, souligne le Dr Mosca.
A ceux qui souhaiteraient se lancer dans un triathlon, les médecins donnent donc plusieurs conseils: passer un examen médical pour s’assurer de l’absence de tout problème cardiaque, s’entraîner comme il se doit longtemps avant l’événement, et pas seulement en piscine, s’habituer à la température de l’eau un peu avant la course, et porter une combinaison si elle est trop froide, enfin, s’assurer de la présence sur place d’une équipe médicale et de défibrillateurs.